Cap’articulu

Pour la suppression des Conseils généraux

 Au vu de la teneur des débats de l'Assemblée de Corse sur l'évolution institutionnelle de l'île, l'ANC constate que le pseudo-dialogue voulu par le nouveau gouvernement est un leurre destiné à faire plaisir aux conservateurs de droite et de gauche et ne visant qu'à neutraliser le mouvement national. Les opposants aux évolutions, rendues nécessaires par le combat mené par les nationalistes depuis 30 ans, ont ainsi tout loisir, par le biais d'un semblant de dialogue dont les contours définis par le ministre de l'Intérieur ne peuvent être débordés, de vider de leur contenu les revendications posées avec force dans l'île par la contestation corse.

L'ANC dit non à des institutions-usine à gaz qui ne résoudront rien, sinon permettre à des dynasties clientélaires et clanistes de survivre et de s'accaparer encore et toujours les nouvelles institutions à venir.

L'ANC demande la suppression claire et nette des conseils généraux et la mise en place, à côté d'une Assemblée Territoriale aux compétences étendues et aux moyens clairement définis, de structures représentatives de chaque 'pieve" dont le rôle serait purement consultatif et se limiterait à faire des propositions dans certains domaines, lorsque les "pieve" seraient directement concernées.

Quelles que soient les décisions finales qui seront prises, les nationalistes doivent d'ores et déjà dire non avec force à des montages institutionnels n'ayant cours que dans certaines "républiques bananières" et qui ne peuvent être porteuses de véritables évolutions pour l'île.  

 


Pulitica

L’analyse politique de l’ANC

L’ANC a tenu une conférence de presse le 16 mai pour donner son sentiment sur l’évolution institutionnelle de l’île prévue dans le cadre de la loi sur la Décentralisation du gouvernement Raffarin, avec l’annonce d’une consultation dans l’île par voie référendaire le 6 juillet prochain.

L’ANC a aussi analysé la situation du mouvement nationaliste dans la perspective des Élections Territoriales de 2004. 
Aiacciu le 16 mai 2003

     

* Une réforme en trompe-l’œil

 

Au fil des visites du ministre de l’Intérieur, le dialogue qui semblait se poursuivre entre la Corse et l’État, malgré la fin du Processus de Matignon, s’est malheureusement avéré bien timide.

Force est de constater qu’il a en fait consisté à faire plaisir aux forces traditionnelles de droite et de gauche dans l’île. Mêmes celles se situant dans le cadre d’une évolution institutionnelle de l’île n’ont pas hésité à revenir sur les positions, pourtant « a minima » défendues en 2000.

Le résultat en est aujourd’hui une réformette sans ambition pour la Corse. Celle-ci se résume en fait à un énième replâtrage instaurant de véritables institutions-usine à gaz, dignes de celles de certaines républiques bananières. Alors que l’île souffre de sur-représentation administrative et politique, l’objectif principal des institutions qu’on nous prépare semble être le maintien des prérogatives et des mandats d’un certain nombre d’élus, quitte pour cela à maintenir une sur-représentation du monde politique peu en rapport avec le nombre d’habitants  de l’île.

Pourtant, après 30 ans de luttes et de sacrifices, le mouvement nationaliste était en droit d’attendre autre chose qu’un « semblant d’évolution » vidant de leur contenu les revendications de base portées par la contestation corse.

Par un véritable tour de passe-passe, les conseils généraux survivront, continuant à pérenniser les dynasties clanistes et clientélaires. Celles-ci une fois la loi votée, qu’elles se déclarent aujourd’hui favorables ou hostiles aux évolutions actuelles, n’auront aucune honte une fois de plus à s’en emparer demain à leur profit.

Le 6 juillet, ce montage institutionnel sera soumis au verdict, non pas du peuple corse en l’occurrence encore le grand oublié en la matière, mais des « habitants de l’île », car notre peuple est toujours nié dans ses droits sur sa terre.

Nous ne pouvons que regretter que l’ensemble des organisations nationalistes, qui parlent d’union, surtout en période pré-électorale, ne se soit donné ni  le temps de la réflexion nécessaire, ni les moyens d’une prise de décision consensuelle ( ou à défaut majoritaire) pour se positionner face à l’échéance qui nous est imposée.

D’autant que tant sur la forme que sur le fond, les propositions du gouvernement ne sont vraiment pas la panacée.

Pour notre part, jugeant que l’opinion n’est pour l’heure pas encore bien au fait des questions posées et du contenu de la nouvelle réforme,  nous poursuivrons la discussion et ne donneront notre point de vue définitif qu’à l’ouverture de la campagne officielle sur le référendum. Il n’y a pas urgence en la matière et il  nous semble que quelques semaines de débats sur le sujet avant une quelconque prise de position ne seront pas inutiles pour se faire une idée plus précise quant au fond et à la forme sur les enjeux de cette consultation. 

 

*Les prochaines élections Territoriales  

Depuis juin dernier, nous avons marqué notre préférence en faveur d’une liste d’union la plus large possible. Nous enregistrons pour l’heure d’une part, un rapprochement dans les faits, malgré les divergences de fond qui demeurent, entre le bloc Corsica Nazione-Indipendenza et le PNC, et d’autre part l’amorce d’une démarche d’inorganisés regroupés autour d’Edmond Simeoni. Nous souhaitons que les initiateurs de ce regroupement autour d’Edmond Simeoni, qui ont pour la plupart été à l’origine de Corsica Nazione en 1991, alors qu’ils étaient à l’époque responsables de la mouvance Cuncolta, aient à l’esprit les expériences de ces années-là, afin que les mêmes erreurs ne se reproduisent plus. Cette nouvelle démarche, si elle a l’ambition  de contribuer à l’union la plus large, doit se donner les moyens de « réussir » le nécessaire rapprochement avec les mouvements nationalistes en place, sans apparaître en concurrence ou en contrepoint avec leur propre démarche structurée.

Nous sommes convaincus pour notre part, qu’une démarche d’union n’aura de réelle signification que si elle obtient l’aval de la majorité des organisations nationalistes. Nous restons donc attentifs à ces démarches et nous ferons à notre niveau tout ce qui peut aller dans le sens de la concrétisation et de la réussite de cette volonté d’union affichée par tous.

Car nous restons persuadés que l’échec de l’union une fois de plus, laisserait la place à une multiplication de listes réduisant les chances du mouvement national de pouvoir peser sur les évolutions en cours, aussi minimes soient-elles.

Nous en appelons donc à la responsabilité de tous, organisés ou non, pour qu’ils travaillent à la réalisation d’une union d’autant plus nécessaire que l’île est aujourd’hui à la croisée des chemins. Tout un chacun doit avoir à l’esprit que l’union ne se décrète pas, elle se construit...

ANC
Email : accolta@aol.com  

 

 

Procès Erignac : Création du collectif A Tramula

      

  A quelques semaines du procès Erignac, 300 personnes issues de toutes les tendances du nationalisme et au-delà se réunissent à Ajaccio pour présenter à la presse un appel à s’engager dans la voie de l’apaisement, de l’espoir et de la réconciliation. Les initiateurs de la démarche, parmi lesquels Thierry Casanova et Edmond Simeoni, intitulée A Tramula, refusent un procès faisant abstraction de la situation politique de la Corse durant ces trente dernières années. Ils veulent donner à ce procès une dimension politique en incluant l’affaire Erignac dans la problématique d’une question corse jamais prise en compte politiquement par les divers gouvernements et en appellent à une véritable solution politique dans l’île.  

 

*Pour une prise de parole citoyenne, militante et humaine.  

L'histoire d'un peuple est une suite ininterrompue d'évènements faits de souffrances, de pleurs, d'injustices mais aussi de joies, de reconnaissances et d'espoirs.

L’assassinat le 6 février 1998 du préfet Claude Erignac fait désormais partie de cette histoire et prend sa place dans la trop longue liste des actes de violence qui ont endeuillé notre communauté, notamment au cours de ces vingt cinq dernières années.

Ces expressions de révolte, fruit de l’incompréhension et du ressentiment des hommes, traduisent tout à la fois la perte de confiance envers les valeurs de l’humanité et le désespoir né de l’injustice. Pourtant l’assassinat, comme mode d’ expression de cette révolte n’est pas acceptable et nous le condamnons. La vie humaine est un bien trop précieux, pour qu’aucune cause, qu’elle soit idéologique, communautaire ou religieuse ne puisse y attenter.

Face à ces constats, il nous faut faire appel aujourd’hui aux forces du sentiment et de la responsabilité pour que ces sacrifices partagés ne soient pas vains et qu’ils puissent servir la cause d’un peuple qui a trop longtemps côtoyé le malheur, la souffrance et le deuil. «… Si l’homme qui espère dans la condition humaine est un fou, celui qui désespère des évènements est un lâche… ». Notre devoir est donc de parler, d’exprimer nos opinions et de croire que le langage de l’humanité peut être le moyen de restaurer la confiance entre les peuples.

Dans un avenir prochain, se tiendra à Paris, devant une Cour d’Assises spécialement composée, un procès historique qui doit juger de la responsabilité d’hommes qui ont attenté à la vie d’un autre au motif qu’il symbolisait une politique d’État faite de passe – droits, d’exceptions et de jeux troubles.

Cette tragédie humaine a coûté la vie à un homme. Elle a plongé dans le malheur des familles entières mais a révélé au grand jour les déviances d’un système politique qui a entretenu durablement la logique du rapport de force et du refus de l’autre.

Au – delà de la personnalité des prévenus, ce procès doit nous aider à comprendre la signification d’un tel acte. Il se doit, également, de considérer les faits, au regard de l’histoire d’un peuple qui n’a jamais été reconnu dans ses droits et qui demeure soumis au pouvoir politique d’une « république » répressive et partiale.

Cet acte de violence se situe dans le prolongement de ce combat politique 

*A chacun sa part de responsabilité :

 Aux nombreux élus corses qui se sont toujours refusés à préconiser une solution politique au problème corse,

 A l’État français qui a systématiquement nié la dimension politique de la question corse et a usé et abusé de méthodes indignes d’une démocratie,

 Aux mouvements nationalistes qui n’ont pas su ou pu éviter les pièges de la division et des ambitions personnelles,

 Au peuple corse qui a été insuffisamment acteur de son propre devenir.

 

*L'enjeu du procès.  

La revendication politique corse existe.

La revendication politique corse existe. On ne peut espérer la traiter sans la comprendre. Il convient donc aujourd’hui de tout mettre en œuvre pour que ce procès politique ne se limite pas à un simple jugement des faits mais qu’il s’attache à révéler les raisons profondes qui ont conduit des hommes – socialement intégrés, reconnus pour leur qualité humaine, leur sens des responsabilités, leur probité intellectuelle et morale – à s’affranchir d’une valeur essentielle de notre humanité, le respect de la vie, pour dénoncer les dérives d’un système politique dévoyé.

Si l’on admet comme Jean-Paul Sartre que « l’acte individuel engage toute l’humanité », nous nous devons aujourd’hui par un engagement volontaire, fort, courageux et humain de nous adresser aux opinions afin de sortir ce procès de l’ornière judiciaire dans laquelle le gouvernement français veut l’enfermer. Les non-dits et les faux- semblants ne sont plus de mise. L’application des principes universels de justice et d’équité ne doit pas se faire au prix de l’oubli total ou de la dissimulation du passé.

La mort d’un homme, le sacrifice d’autres hommes ne doivent plus servir la cause de l’affrontement mais au contraire constituer le point de départ d’un véritable processus de réconciliation entre la Corse et la France qui favorise la reconnaissance des erreurs passées et la recherche d’une dignité perdue.

 

*C'est l'enjeu du procès

Pour A Tramula, cette prise de parole n'est pas un plaidoyer, encore moins une justification à posteriori de l'acte qui a été commis, mais simplement un appel à la conscience des hommes et au sentiment de responsabilité collective qui nous unit.

   Vous pouvez intervenir sur le site de A Tramula.

http://www.atramula.org

 

Lettera di a spazzulera : Le Manifeste des Corses de l’Extérieur   : 11 d’aprile 2003

      Des organisations et des associations de Corses de l’Extérieur ont relevé avec stupeur les propos tenus par Monsieur le Ministre de l’Intérieur concernant le référendum qui aura lieu le 06 juillet prochain. Les Corses de l’Extérieur, eux, ne seront pas consultés: « Ils veulent donner  des leçons sur la Corse après l’avoir quittée. C’est ceux qui y vivent qui doivent s’exprimer ». (Corse Matin du  08/04/03).

Ces organisations et associations s’émeuvent que l’on puisse développer à l’égard d’une partie de la population Corse de souche, des mots aussi méprisants qui peuvent ouvrir la porte à une forme d’éthnocisme.

 

Elles osent rappeler :

 

- Que des pères et des grands-pères ont quitté l’Ile pour servir de chair à canon durant les deux dernières guerres mondiales.

- Que des pères ont quitté la Corse pour répondre à la politique expansionniste de la Nation.

- Que des enfants ont quitté la Corse parce qu’ils ne pouvaient étudier sur leur terre.

- Que des enfants vont quitter leur Ile parce qu’ils sont 1500 à postuler à un concours de seconde zone où seules deux personnes seront retenues.(Corse-Matin du 09/04 /03).

- Que de jeunes universitaires vont devoir s’envoler ailleurs parce qu’il ne peut être répondu à leur attente et à leur cursus.

- Que beaucoup de Corses retournent au Pays plusieurs fois dans l’année, en déboursant des sommes importantes, voire disproportionnées, alors que des hommes politiques vivant toute l’année à Paris ou ailleurs bénéficient de tarifs préférentiels « résidants corses ».

- Que beaucoup de Corses ont été écartés des listes électorales alors que ces mêmes hommes politiques y figurent sans que l’on s’en soucie.

- Que ce n’est pas parce que la Diaspora souhaite se positionner sur l’avenir de son Pays, qu’elle doit en être écartée, son désir n’étant qu’un cri pour la survie d’une entité qui se meurt.

- Que curieusement, lorsque son message est pertinent, elle est écoutée par la Commission Spéciale du Sénat de la République Française et ses propositions retenues par le législateur.

- Que lorsqu’elle s’investit dans l’avenir économique de l’Ile, la Société de Capital Risque Corse s’enorgueillit, et Paris se plait à rêver d’une Maison de la Corse.

Convaincues que les mots ont dépassé les pensées, les Associations et Organisations des Corses de l’Extérieur signataires demandent instamment à l’Assemblée de Corse – qui est aussi leur Assemblée – de débattre de la place des Corses de l’Extérieur quant à l’avenir de la Société Corse et requièrent audience à Monsieur le Ministre de l’Intérieur.

Les Signataires :

La Fédération des Groupements Corses des Bouches du Rhône et de Marseille – Le Rassemblement des Corses du Grand Nice – L’Observatoire « Corsu e fieru » de Paris – « L’Unione Corsa » D’Antibes  – Maître Fabrice Orlandi Avocat au Barreau de Paris –Jean Marc Emmanuelli Gynécologue Neuilly -  L’Amicale des Corses D’Aix-en Provence- L’association « I Scontri Culturali Corsi » de Marseille – L’Amicale des Corses de Menton – L’Amicale des Corses de Mandelieu – U Partitu di A Nazione Corsa France Sud - L’Amicale des Corses de Draguignan -  L’Amicale des Corses de Lyon – L’Amicale des Corses de Bagnolet – L’Amicale des Corses de Meurthe et Moselle – L’Association des Corses de Strasbourg. L’Amicale des Corses de Cagnes Sur Mer – L’Amicale des Corses de St Laurent du Var.

Les personnes qui veulent s’associer au Manifeste sont invitées à prendre contact avec les associations, organisations et amicales signataires.

 


Libri

 

« Antulugia di a cartulina corsa » dà Victor Sinet (Edizione Albiana)

 

Victor Sinet signe une « Antulugia di a cartulina corsa ». Dans cet ouvrage de plus de 600 cartes postales, l’auteur raconte l’histoire de la carte postale à travers ses pionniers Cardinali, Tomasi, Moretti, Damiani et autres. Il n’oublie pas de rendre hommage aux précurseurs de la carte postale dans l’île avec entre-autres Fortius Marchesi qui en 1841, introduit le premier daguerréotype en Corse. Avec cet ouvrage, l’auteur fait remonter le temps au lecteur. Paysages, petits et grands évènements, scènes de vie de tous les jours,, maisons, monuments, villages d’hier et d’aujourd’hui, personnages hauts en couleur ou anonymes , supports publicitaires... des dizaines d’années s’écoulent devant nos yeux embrumés de nostalgie et de tendresse devant le temps qui passe.

Parmi ces cartes, nombre d’entre-elles nous sont offertes grâce au travail de témoignage du photographe Jean-Claude Fieschi, éternel témoin du temps perdu par ses innombrables clichés, glanés  avec talent et passion au fil du temps et des évènements quotidiens.  Véritable globe trotteur de la photographie, Il a pu ainsi  amasser un véritable trésor de souvenirs  du temps passés depuis son plus jeune âge, qu’il nous restitue dans cette antulugia  et que l’on retrouve dans une multitude d’ouvrages-références auxquels il a apporté sa collaboration.

 


Libera upinioni

Povera corsica !

 

Il y a quelques mois (mi-janvier 2003), la Cour d’Appel de la Corse a confirmé la sentence prononcée, en première instance, par le Tribunal Correctionnel d’Ajaccio contre le Préfet Bernard Bonnet dans la fameuse « affaire des paillotes » : trois ans de prison dont un ferme.

Ce verdict est doublement paradoxal. En effet, soit l’accusé est innocent et il devait être relaxé. Soit il est coupable et, dès lors, il s’agissait, non pas d’un simple délit, mais d’un attentat contre la Constitution commandité par un haut fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et exécuté, de surcroît, par des gendarmes « dépositaires de la force publique et garants de l’ordre républicain ». Il fut un temps où ce genre d’infraction constituait le crime de forfaiture et était passible de dix ans de prison.

 

Au-delà des méandres tortueux de la justice, cette affaire suscite un questionnement de pur bon sens. Quel intérêt pour le Préfet Bonnet d’ordonner la destruction de deux restaurants de plage alors qu’il venait juste d’accorder à leurs exploitants un délai de grâce de six mois ? Et pourquoi recourir à la clandestinité quand le même résultat pouvait être obtenu dans le cadre de la légalité ? En admettant qu’il soit coupable, son comportement apparaît totalement incohérent. A moins d’une provocation dans le but de faire croire à un différent entre concurrents. Ce que le tract « Francis balance des flics » retrouvé sur place autorise à envisager.

L’éventualité d’une telle manipulation n’a pas échappé au Préfet Bonnet. Selon lui, la paternité du coup tordu lui a été attribuée pour l’éliminer, l’opération « mains propres » qu’il diligentait dérangeant trop de monde. Quoi qu’il en soit, il a été arrêté, mis en examen, emprisonné et condamné sur la seule foi des dénonciations des autres accusés. Ainsi, entre la parole d’un présumé innocent qui clame haut et fort cette innocence et les allégations d’individus avouant l’accomplissement d’un méfait, les magistrats n’hésitent pas, quand cela les arrange, à accréditer la version des malfaiteurs. Il est vrai qu’aujourd’hui en France, le droit pénal repose sur l’intime conviction qui permet de condamner sans preuve.

 

Un contexte politique

 

Ces événements méritent d’être replacés dans leur contexte politique. En désignant une « forte personnalité » pour succéder au Préfet Erignac assassiné en février 1998, le gouvernement entendait donner à l’opinion des gages de fermeté. Pour les besoins de la cause, les nationalistes, considérés à l’époque comme étant, politiquement parlant, au plus mal, furent voués au rôle de victimes expiatoires … jusqu’au prochain revirement.

De son côté, le Préfet Bonnet se souciait moins d’analyses tactiques que de restaurer ce qu’il appelait « l’autorité de l’Etat ». Ayant déjà exercé dans l’île, au début des années 1990, la fonction de Préfet de Police, il n’ignorait pas que la violence politique n’y représente, en matière de transgression de la loi, que la partie visible de l’iceberg. Il ne se contenta donc pas de réprimer les poseurs de bombes mais s’attacha également  à traquer les affairistes véreux dans tous les milieux y compris parmi les notables, les banquiers et autres intouchables (même s’il ramena également beaucoup de « petits poissons » dans ses filets). Les investigations menées étaient de nature à conforter les discours nationalistes sur la corruption généralisée, l’implantation mafieuse et la duplicité des pouvoirs publics.

En outre, tout le monde s’accorde à admettre que le Préfet Bonnet avait flairé la bonne piste dans l’enquête sur l’assassinat de son prédécesseur. Pour les tenants de l’ordre établi, une diversion s’avérait donc urgente. Elle survint avec l’incendie des paillotes dont les auteurs, ils le reconnaissent eux-mêmes, sont le propre Directeur de Cabinet du Préfet ainsi que des fonctionnaires de la Gendarmerie Nationale. Par conséquent, le tract « Francis balance des flics » cité plus haut n’avait de sens que pour avoir été déposé dans l’objectif de brouiller les pistes et de provoquer une riposte du supposé délateur puis, pourquoi pas, une « riposte à la riposte » jusqu’à ce que, d’escalade en surenchère et de manipulation en sur-médiatisation, on en arrive à occulter le débat de fond, que relançait l’action du Préfet Bonnet, sur la situation de la Corse. Le scénario était, à cet égard, bien conçu. Néanmoins, l’exécution connut quelques ratés et le pot aux roses fut découvert.

D’après ses déclarations durant l’instruction, le Préfet Bonnet, apprenant la vérité, au détour d’une conversation, décida de ne pas dévoiler le scandale pour préserver, a-t-il dit, ce qu’il croyait encore être « l’honneur de l’Etat ». Mais il escomptait, beaucoup plus probablement, empêcher la liquidation de son opération « mains propres » suite à l’amalgame qu’on ne se priverait pas d’établir entre les fonctionnaires et les « magouilleurs ». Ce fut, en tout cas, la seule charge concrète contre lui. Mais cela allait lui coûter cher car, par son silence, il « couvrait » a posteriori des agissements crapuleux. De là à être le complice des malfaiteurs voire le cerveau du complot, ses détracteurs et ses ennemis avaient intérêt à s’en convaincre intimement. Et comme « l’intime conviction » règne en maîtresse sur la justice …

On imputera une autre erreur au Préfet Bonnet, dans la conduite de sa défense cette fois. Que ne s’en est-il tenu à clamer son innocence sans se soucier du caractère « illégal » ou non de l’incendie des paillotes puisqu’il affirmait y être étranger (et que rien ne permet de mettre en doute cette affirmation) ? A vouloir démontrer parallèlement qu’il n’est pas « illégal » de mettre le feu à une bâtisse située sur le domaine public (et n’appartenant donc « légalement » à personne), ne donnait-il pas l’impression de jouer sur les deux tableaux  (innocence et culpabilité limitée) ?  Certes, les maladresses du Préfet Bonnet ne prouvaient en rien qu’il avait trempé dans cette affaire. Mais elles pouvaient fournir prétexte à se forger une intime conviction quant à sa culpabilité. Et, répétons-le, en droit français, l’intime conviction ouvre la porte à tous les dénis de justice.

Une opération mains propres dévoyée

 

Ceci étant, le Préfet Bonnet s’est lui-même « coupé l’herbe sous les pieds ». L’opération « mains propres »  s’est révélée être à double tranchant. Certes, un coup d’arrêt a (momentanément) été porté aux exactions émanant de la « nomenklatura clanisto-affairiste ». Mais, dans le même temps, des dizaines de petites entreprises individuelles ou familiales (qui représentent la quasi-totalité du tissu économique local) se sont retrouvées avec « le couteau sur la gorge ». Tant il est évident que dans un système où la production locale (héritage des lois douanières coloniales qu’a connu l’île jusqu’à la moitié du 20ème siècle) est écrasée par la concurrence des « importations » (aujourd’hui subventionnées par la continuité territoriale) et ne peut donc subvenir aux besoins des habitants, le respect de la réglementation, notamment fiscale, n’est que pur leurre.

Ainsi, bon nombre de modestes travailleurs corses, victimes de tracasseries administratives, ont-ils été voués aux gémonies judiciaires sans qu’on puisse établir de commune mesure entre eux et les escrocs de haut vol protégés par les milieux d’affaires et les coteries politiques. Faute d’avoir fait la différence entre professionnels de la corruption et circonstanciels justiciables coupables de menues peccadilles pour jouir un peu des fruits de leur travail, le Préfet Bonnet s’est progressivement coupé du peuple. Si bien qu’il a fini seul contre tous lorsque lui a été tendu le « pièges des paillotes ».

Cruelle solitude pressentie début 1999 par Jean-Pierre Chevènement, alors Ministre de l’Intérieur. Si l’on en croit Pierre Péan et Philippe Cohen (« La face cachée du Monde », 2003, éditions « Mille et une nuits »), l’ancien député de Belfort « est, affirme-t-il aujourd’hui, lui-même convaincu qu’il ne faudrait point trop attendre pour mettre fin à la mission du préfet. Mais il souhaite, pour ce faire, attendre l’arrestation » des assassins de Claude Erignac. Arrestation dont Jean-Pierre Chevènement « sait qu’elle pourrait survenir rapidement ». Après quoi, le départ du Préfet Bonnet « pourra s’effectuer sous le signe d’une victoire pour lui-même et pour le gouvernement ».

Visiblement le Ministre de l’Intérieur est conscient que le Préfet Bonnet est assis sur un siège éjectable. Et que sans l’élaboration d’un véritable projet de développement de la Corse sur des bases économiques saines, l’opération « mains propres » ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau. Saura-t-on un jour ce qui se serait passé si une poignée de gendarmes n’avaient pas mis le feu à deux paillotes ?        

 

Et les nationalistes ?

 

Et les nationalistes dans tout cela ? Leur attitude est, pour le moins, énigmatique. Pourtant, la croisade du Préfet Bonnet apportait de l’eau à leur moulin. Un grand boulevard semblait vouloir s’ouvrir devant eux. Leur audience ne demandait qu’à croître. Il leur suffisait de laisser le Préfet Bonnet faire son travail et d’attendre qu’éclatent les affaires qu’il a soulevées pour passer à l’offensive. Une seule obligation s’imposait à eux : accorder toute la « publicité » méritée à la démarche du Préfet Bonnet (au sens littéral du mot publicité à savoir informer le public) quitte à en rectifier les effets pervers mentionnés plus haut. Au lieu de cela, les nationalistes ont choisit de prêter leur concours à un véritable lynchage médiatico-judiciaire. Ont-ils flairé, à travers les démêlés du Préfet Bonnet avec sa hiérarchie et la justice, l’imminence d’une redistribution des cartes ? Ont-ils amorcé un changement de cap dans cette perspective ? Aspiraient-ils à un statut d’interlocuteurs privilégiés du pouvoir encouragés par leurs bons résultats lors des élections territoriales de mars 1999 (suite à l’annulation du scrutin de 1998) ? Ont-ils été aveuglés par leur animosité (d’ailleurs compréhensible) envers le Préfet Bonnet ? Toujours est-il, qu’en l’occurrence, ils se sont alignés objectivement sur les positions des fossoyeurs de la Corse et des profiteurs du système (gouvernement, notables clanistes ou néo-clanistes, corrupteurs et corrompus). Ce curieux  « réalisme » les conduira plus tard à la signature des « Accords de Matignon » ; lesquels, loin de contribuer à résoudre le problème corse, ne font que l’aggraver en occultant la question du développement économique et social « auto-centré », c’est à dire par et pour les Corses.

 

Povera corsica ?

 

Pauvre Corse, aurait-on envie de conclure ! Déchue de sa souveraineté en 1769, elle croupit depuis (hormis la tentative infructueuse d’union confédérale avec la France révolutionnaire de 1789 à 1794) dans un état de non-droit entretenu par les autorités légales (gouvernement, policiers, juges, élus). Cette île qui, au XVIII° siècle, produisait largement plus qu’il n’en faut pour satisfaire les besoins de sa population en est aujourd’hui réduite à la dépendance, à l’assistanat et, en corollaire, à la fraude dans tous les domaines. Elle n’a donc rien à espérer de son autorité de tutelle et ne doit, pour son salut, compter que sur elle-même.

D’où la nécessité de poser correctement les données du problème. La solution ne saurait relever d’un particularisme local ou d’un droit à la différence. Car, en fait de couleur locale, la Corse a déjà suffisamment donné avec le clanisme dans sa dimension bi-séculaire (le vieux clan gardien de l’immobilisme) ou sa version « moderne » (le néo-clan crypto-mafieux). Un énième statut particulier ne serait qu’un piège à Corses supplémentaire. Ce dont il urge, c’est de recouvrer la souveraineté c’est à dire la part du droit universel qui revient naturellement au peuple Corse comme à tout autre. Ce qui entraînerait toute une série d’implications politiques tant au niveau de la conception de l’organisation interne de la société corse que des relations à établir avec son environnement extérieur.

Ne resterait plus désormais qu’à convaincre le mouvement nationaliste d’abandonner ses réflexes particularistes au profit d’un vrai projet (cosmo)politique. Mais, ça aussi, c’est un aspect douloureux du problème corse !

Ghjuvan-dumenicu Gladieu : Parigggi

 

CUNSULTA NAZIUNALE CORSA

Associu per a Cunsulta Naziunale : BP 98 - 20250 Corti

Site Internet : http:\\www.cunsulta.com

Le14 mai, à Corté, au Palazzu Naziunale, les 1ères cartes d’identité corse sont distribuées par la commission nationale de mise en place de A Cunsulta Naziunale. Ces cartes serviront à vote pour la mise en place de l’ANP dans deux an

Scanner définition + modalités d’inscription (voir N° 98)

 


Cummunicati ANC

-Non à l’incinérateur

A l'heure où l'on semble s'acheminer vers l'installation d'un incinérateur dans l'île, l'ANC rappelle son opposition à une telle solution en matière de traitement des déchets ménagers. L'incinération des déchets les transforme mais ne les élimine pas, ce qui n'élimine pas pour autant le problème des décharges (appelées centres d' enfouissement technique, CET, ou installations de stockage). L'ANC souhaite que des solutions alternatives, qui pourraient réaliser un consensus entre les populations locales et les décideurs institutionnels, soient envisagées et concrétisées. Elles seules sont à même de concilier développement durable et préservation de l'environnement  de l'île qui est da véritable richesse et constitue un extraordinaire atout pour notre avenir.

  25 février 2003

-Soutien à Jean Castela

L'ANC appelle l'attention des autorités judiciaires et pénitentiaires sur la situation dramatique de Jean Castela maintenu en prison à la Santé depuis près de trois ans. Ses conditions de détention sont de plus en plus inquiétantes car ne bénéficiant pas des soins nécessaires, son état de santé se détériore et fait craindre des conséquences irréversibles. Alors que le ministre de l'Intérieur avait annoncé une prise en compte de la situation des détenus corses, plusieurs mois se sont écoulés depuis sans que ce dossier avance un tant soit peu. L'ANC demande que des mesures d'urgence soient prises pour que Jean Castela soit rapproché de sa famille pour que celle-ci puisse prendre les dispositions qui s'imposent pour préserver sa santé.

L'ANC apporte son soutien au comité qui s'est crée pour cet objectif et rappelle que la libération de Jean Castela et de tous les prisonniers corses détenus pour des faits en relation avec la situation politique Corse doit aller de pair avec une véritable solution politique en Corse.

26 février 2003

 

-Appel à la mobilisation du 26 avril

Alors que la Corse va être appelée aux urnes pour se prononcer sur la réforme institutionnelle concoctée par le gouvernement Raffarin, les nationalistes doivent se mobiliser pour faire comprendre aux différents gouvernements, d'aujourd'hui et de demain, que sans eux aucune réforme ne saurait prétendre à apporter une solution politique durable dans l'île.

L'ensemble des organisations nationalistes invitent les Corses à manifester le 26 avril à Ajaccio pour réaffirmer leur volonté de prise en compte des revendications qu'elles portent, toutes tendances confondues, depuis trente ans sur le terrain par le mouvement national.

L'ANC appelle à se mobiliser pour faire de cette manifestation une éclatante démonstration  de la volonté de tous les nationalistes d'arracher les inéluctables avancées dans l'unité la plus large.

17 d'aprile 2003

 

 

-L’attentat contre la mosquée de Baleone

L'ANC condamne l'attentat qui a visé la "mosquée" de Baléone, siège de l'association des Marocains. L'ensemble de la société corse ne peut plus continuer à se voiler la face, en refusant de facto de se donner les moyens d'une réflexion en profondeur sur la place des populations issues du Magreb dans l'avenir de l'île et sur les voies à défricher pour leur intégration, avec tous les droits et les devoirs y afférant,  à la communauté corse.                                           

28 d’aprile 2003


LETTRE OUVERTE à messieurs les députés de Corse

  

Andatura Corsa per i Dritti Umani
BP 31
20290Lucciana
E mail:
acdu@club-internet.fr

 à monsieur le député de Corse

Monsieur  

 Andatura Corsa per i Dritti Umani défend les droits humains et promeut une citoyenneté corse.

 Vous devez légiférer à partir du projet de loi"portant adaptation de la justice aux évolutions  de la criminalité", présenté par le gouvernement le 9 avril 2003. Ni du point de vue des droits et libertés fondamentaux ni du point de vue des droits qu'ouvre la culture corse ce projet n'est instituable tel quel. Ses trois composantes concernant la criminalité organisée: le"plaider coupable" pour les délits de moindre importance, les moyens d'enquête préliminaire ou de flagrance et le "statut de repenti" sont liés par la raison de sûreté de l'Etat. Cette raison d'Etat exige une adaptation aux bouleversements sociétaux européens et mondiaux; elle prend corps dans une politique sécuritaire répressive où le contrôle et la surveillance prévalent sur le respect des  personnes. En découle un projet de loi voulant instituer une procédure policière en matière de justice. Elle sera applicable en dérogation au droit commun à un ensemble de crimes et délits dit "crime organisé".

 

   Les droits humains selon la déclaration de 1948 et les législations européennes ne sont pas pour leur application dépendants des conjonctures. Ils édictent le respect de la vie privée, des convictions, de la confidentialité des communications postales, téléphoniques et électroniques; ils proscrivent l'enregistrement des données sensibles nominatives des"mis en cause"( victimes, témoins ou  quelconques citoyens ayant eu affaire à la police) dans un système de traitement des infractions constatées. Ils enjoignent de garantir la présomption d'innocence et les droits de la défense. Ils n'abandonnent pas la garantie de ces droits à la puissance de l'argent. Ils favorisent la procédure de la preuve contre une délation primée, source de faux témoignages et d'arbitraire.

 

   La culture issue de notre île, lieu de contrastes et d'imprévisibilité, éclaire le Politique de sa perspective: chacun peut agir sur la "chose publique". Ce pouvoir-agir copartagé est un point fondateur de la corsité. Il induit le droit pour tout citoyen d'être participant aux décisions, le droit d'agir sur les affaires publiques.

Or le projet de loi sus-désigné entretient une confusion entre activité civile illégale de groupe et délinquance organisée. Il les regroupe sous la dénomination "criminalité organisée"et dans la catégorie"infraction terroriste".

 

La Corse vit le"problème corse", une lutte identitaire de type nationalitaire depuis près de quarante ans et connaît les enjeux sociaux de cet amalgame à travers l'expression juridique d' "association de malfaiteurs"; elle subit l'opacité des critères et principes par lesquels nombre d'affaires judiciaires sont traitées par la XIVème section antiterroriste plutôt qu'une juridiction locale. Le projet de loi prévoit des pôles centralisateurs des procédures touchant à la criminalité organisée; mais la relation de justice entre ces pôles et la XIVème section est obscure.

 

Une distinction entre délinquance et acte politique s'impose d'un point de vue juridique.

 Un acte politique est une action de participation à une communauté politique plurielle qui en retour garantit les droits institués. Il s'agit dans le cas du projet de loi considéré ici, d'infractions à des lois soit directement défiées ou jugées inadaptées à l'aspiration collective soit remettant en cause la légalité et la constitutionnalité de leur établissement. Il s'agit d'infractions qui s'instituent porteuses d'un possible autre droit à découvrir dans un échange d'opinions diverses.

 La dissidence a alors le rôle régulateur d'empêcher des normes légales d'étouffer le pouvoir-agir du citoyen sur les affaires publiques; elle délie la pensée et la créativité vers un ordre social mieux adapté à tous; elle permet que le politique prenne en compte les initiatives de l'ensemble de la société civile.

 

 

Aussi nous vous demandons de faire instituer un STATUT DE DISSIDENCE pour tout prévenu ou condamné se reconnaissant coupable et adoptant une attitude non de repentance mais de légitimation des actes reprochés dans la sphère publique.

 

Ce statut

 - permettra la libre expression de l'objection à la loi et le dialogue à propos de celle ci, 

 -  assurera leur médiatisation au niveau concerné par les lois ou législations mises en cause,

 -  garantira la possibilité au  dissident de créer un groupe civique d'opinion.

 

Tout détenu demandant à bénéficier du statut de dissidence sera pris en compte par un organisme indépendant de l'administration pénitentiaire et judiciaire (tel l'OIP). Il lui assurera sa sécurité, celle de sa famille et leur non mise à l'opprobre public. Les agissements de la DNAT à l'encontre des personnes âgées, des enfants et de l'entourage général des suspects nous engage à insister sur la nécessité d'un contrôle en ce domaine.

 

 

ð     Ce statut sera respectueux de la dignité du dissident mais le renverra à sa conscience

civile.

 L'acte d'enfreindre la loi passe de l'anonymat et la dissimulation  à l'exposition  et l'interpellation de l'opinion publique.

ð     Il donnera une liberté d'action politique citoyenne  à son bénéficiaire  mais sa détention

protégera la société de toute violence éventuelle et le groupe d'opinion le soutenant sera acculé à des actions légales  ou au plus à des actions de désobéissance civile  non violentes.

 Il borne le possible.

ð     Il assouplira la verticalité de la loi qui rend difficile  l'adaptation des institutions  aux

nouveaux enjeux de société. La dynamique de changement législatif initiée par la dissidence s'inscrira dans le champ public et étendra la démocratie.

 Une société s'enrichit de propositions nouvelles, facteurs de désaliénation tant d'individus particuliers que d'elle-même; elles lui évitent de se scléroser dans des habitudes collectives.

Les perspectives législatives sur la santé ouvertes par le procès des destructeurs de plants transgéniques en sont une récente illustration.

 

 Nous préconisons ce statut de dissidence dans l'optique d'une politique respectueuse des minorités,  dans le droit fil législatif des lois d'amnistie de 1982 et 1989 relatives à" toutes infractions commises [..]à l'occasion d'événements d'ordre politique ou social en relation avec une entreprise tendant à modifier le statut de la Corse".

Au lieu de considérer la dissidence en fin d'un parcours de revendications souvent violent, il vaut mieux l'inscrire dans l'espace politique et l' assumer même à partir de citoyens incarcérés, condamnés ou passibles de sanctions.

 

 Notre culture de solidarité et de partage ne peut réduire un dissident à sa seule illégalité ou violence. Ses exigences, ses mobiles, ses motifs d'action sont une réalité sociale et culturelle  impossible à occulter.Au lieu de l' aborder avec l'a priori de sa nécessaire nuisance admettons qu'elle puisse être vecteur d'émancipation des maux et des injustices.

                                    

                               Aussi  nous  ne  doutons  pas  de votre  prise en  considération  de      notre requête d'appréhender le projet de loi sur la criminalité organisée du point de vue  des droits humains et de ceux préconisés par la corsité, et d'y adjoindre la création d'un statut de dissidence.que l'on pourrait nommer "statut d'opinion".

Nous vous prions d'agréer, monsieur le Député, avec nos sentiments   humains et corses, l'expression de nos  déférentes salutations.

Le bureau

Avril 03

 PS:     Nous envoyons une copie de la présente à messieurs les Présidents de la collectivité territoriale  de Corse et à messieurs les Ministres de la justice et de l'intérieur aux fins de favoriser à la  CTC et au Parlement , une réflexion  sur les processus liberticides  du projet de loi sur la criminalité organisée et sur la pertinence d'y adjoindre un statut de dissidence . 

 


Tutt’a bulleghju

-Farraghju

  L’ancien 1er ministre Lionel Jospin se déclare en phase avec Nicolas Sarkozy sur la Corse, rappelant qu’à droite, celui-ci, seul, n’avait pas condamné sa propre démarche de l’époque.

   L’ACA et Bastia font match nul lors du derby retour à Ajaccio (1 à 1). A Bastia, les ajacciens l’avaient emporté.

  La Ghjurnata d’Aritti se déroule à Furiani en présence de deux représentants du Pays Basque autonome, lesquels réitèrent leur condamnation d’ETA.

   Le STC occupe la Direction du Travail à Ajaccio, dans le cadre de la journée d’action pour la défense des retraites. Le STC marque sa différence avec les autres syndicats traditionnels, qui eux manifestent à Bastia et Ajaccio, rassemblant un millier de personnes..

  Des coups de feu sont tirés contre le véhicule et le bar de l’ancien maire de la Porta, Joseph Castelli.

  La LDH publie un document , intitulé « un’opéra republicana » dans lequel, elle demande la reconnaissance du Peuple corse.

  Un des deux hommes interpellés quelques jours auparavant à Bastia, membre présumés des « anonymes », est transféré à Paris.

   Un collectif de défense des prisonniers politiques corses est crée par des avocats. Maître Dumè Ferrari, membre de la ghjunta de Corsica Nazione, en est le porte-parole.

  Un ultime hommage est rendu au journaliste et célèbre illustrateur de Grossu Minutu, Nicolas Carlotti, est rendu dans son village d’Aregnu. Il était décédé le 3 février à Marseille.

  Deux fausses nouvelles sur deux interpellations de deux corses au Vénézuela, relancent les spéculations sur les recherches d’Yvan Colonna, à quelques mois du procès de l’affaire Erignac, prévu en juillet.

   Un amendement dégressif sur 4 ans, prorogeant la zône franche en Corse est voté par l’Assemblée Nationale, sur proposition de Camille de Rocca-Serra, Député-maire de Porti-Vecchju.

  Suite à la cessation d’activité d’Air-Lib, Air Littoral prend provisoirement le relais sur les lignes Figari-Paris, mais ses propositions n’agréent pas l’Office des transports qui lui refuse la convention d’aide sociale. Le STC demande la désignation de la CCM sur ses lignes.

  Le préfet de Corse présente une synthèse des travaux des assises locales, qui n’ont guère connu l’affluence et le succès escompté,  aux élus. Ce document sera débattu par les élus dans leurs assemblées. Nicolas Sarkozy viendra donner l’avis du gouvernement. Le document ne prend pas position entre le statu quo et le chamboulement administratif.

  Pierre Griscelli, le célèbre guide de haute montagne est emporté par une coulée de neige. Heureusement, plus de peur que de mal, le drame est évité et il est sain et sauf.

  En présence de Gina Lolobrigida, le festival du film italien de Bastia connaît une affluence en augmentation.

  Une bataille rangée oppose des jeunes footballeurs de l’ACA et de l’OM à Ajaccio lors d’une rencontre.

  A Manca Naziunale appelle à lutter contre « la prédation de nos sites naturels » et à conserver les acquis sociaux.

  Deux autres membres présumés des « anonymes sont écroués à Paris.

  La gendarmerie de Pila-Canale est mitraillée.

  Suite à l’interpellation d’un militant d’Indipendenza à Bastia, le mouvement dénonce la volonté répressive du gouvernement.

  A Ajaccio, un homme est écroué pour avoir « menacé » un témoin dans une tentative d’extorsion de fonds contre un promoteur immobilier. Il sera condamné à 15 mois de prison ferme pour menaces. L’un des protagonistes de cette affaire, clamant son innocence entamera une grève de la faim pour attirer l’attention de l’opinion sur son incarcération abusive.

  Une résidence secondaire est plastiquée à Sant’Antonino.

  Des malfrats agressent deux personnes âgées, propriétaires d’un camping à Porti-Vecchju, pour leur dérober de l’argent et incendier leur véhicule.

  Les MI-SE investissent l’Inspection primaire et jettent des dossiers par la fenêtre pour rappeler leur situation.

  Une explosion détruit plusieurs véhicules à la gendarmerie de Borgu.

  Christian Battesti et Sébastien Cuttoli sont assassinés à Ajaccio.

  Des coups de feu sont tirés en direction de la prison d’Ajaccio.

 Plusieurs centaines de personnes défilent à Ajaccio et Bastia pour dénoncer la volonté de guerre des USA en Irak. De nombreux rassemblements seront organisés par la suite pour demander la fin de la guerre, après l’invasion de l’Irak par les armées américaines et Britaniques et la chute du régime dictatorial de Saddam Hussein.

  Un réseau de trafiquants d’armes est démantelé en Balagne et Ajaccio.

  A Pruprià, le véhicule d’un maçon portugais est visé par attentat.

  Dumè Tafani, militant du FLNC-historique, recherché depuis 1997, dans le cadre d’une demande d’impôt révolutionnaire contre un entrepreneur portugais à Porti-Vecchju, est interpellé et écroué. Il avait été condamné par défaut le 6 novembre 2001, à 4 mois de prison.

  Une résidence de vacances est plastiquée à Porti-Vecchju. Une tentative vise un véhicule à Bastia.

  La gendarmerie de Venzolasca est visée par un attentat.

  Le STC appelle à une journée d’action dans les PTT le 20 février. Le syndicat occupe la Direction régionale à Ajaccio. Le thème de la corsisation des emplois est rappelé.

  A Manca Naziunale participe à une mobilisation sur l’île de la Maddalena pour dénoncer la présence de la base nucléaire américaine et ses conséquences sur l’environnement en Méditerranée. A Manca demande la démilitarisation de l’espace méditerranéen.

  Un bar pizzeria est visé par attentat à Ajaccio.

  Six bungalows sont ravagés par un incendie criminel à Galéria.

 Le CAR organise un barrage filtrant et un rassemblement à Ghisonaccia pour dénoncer la situation des détenus corses.  

  Cinq individus sont interpellés dans une affaire de racket en Haute-Corse.

  Le relais de transmission de la gendarmerie de Galéria est plastiqué.

  Deux explosions endommagent le mur d’enceinte du camp des gendarmes mobiles de Borgu.

 

-Marzu

   La façade du Palais de justice d’Ajaccio est mitraillée. La prison de Borgu est visée par un attentat contre le mur d’enceinte.

   Un fleuriste qui avait déjà été visé par plusieurs attentats est plastiqué à Bastia.

   Une tentative d’attentat vise la gendarmerie de Sta Maria-Sicchè. Le Tribunal de Corté est visé pour la sixième fois par’ un attentat.

   Le président de l’UDF, Bayrou, en visite à Bastia,  invité lors d’un colloque sur la solidarité.

   Le PNC occupe l’Insee à Ajaccio pour dénoncer les chiffres fantaisistes de l’administration qui ont conduit la Corse à être évincée de l’objectif N°1. L’Insee avait calculé à la hausse le PNB corse.

   Indipendenza occupe l’ANPE à Ajaccio pour dénoncer la « décorsisation des emplois.

   Corse-matin fait la une sur les mesures de sécurité à la prison de Borgu (filin anti-hélicoptère..), le jour même, Joseph Menconi, détenu réputé dangereux et incarcéré dans le cadre de plusieurs assassinats, s’évade avec l’ide de plusieurs complices et des armes factices.

   Quelques jours après, comme pour faire mentir l’idée que certaines évasions ne peuvent se produire que dans l’île, un ami de Menconi, Antonio Ferrara, s’évade de la prison de la Santé à Paris, aidé par un fort commando armé qui utilisent des explosifs.

   L’ancien maire de Prupià, Emile Mocchi est condamné à 15 mois de prison (150000 euros d’amende et deux ans d’interdiction de droits civils et civiques) avec sursis dans le dossier du port de la ville « pour octroi d’avantages injustifiés et prise illégale d’intérêts.

   Nouvelles perquisitions dans la famille d’Yvan Colonna à Cargèse. Le CAR proteste avec la famille du recherché qui subit depuis quatre ans des persécutions permanentes.

   Jean-Luc Albertini, sapeur pompier militaire accusé de trois attentats, (deux revendiqués par le FLNC-historique) dont un à la base de Solinzara en 1994 est condamné par la Cour d’Assises spéciales de Paris. Il est condamné à _ ans de prison.

   Olivier Orsini est condamné à 20 ans de réclusion par contumace par la Cour d’assises spéciales de Paris dans le cadre d’une affaire de mitraillage de la gendarmerie de St Florent le 18 décembre 1996 par le FLNC historique.

   Un attentat détruit une résidence en construction à Conca. Un véhicule est détruit à Bastia.

   Huit interpellations sont opérées dans le cadre d’une affaire de drogue entre Aléria et Solinzara.

   Deux véhicules sont incendiés à Calenzana. L’un appartenait au 2ème adjoint à la mairie.

   A Calvi, deux frères, d’origine marocaine sont agressés chez eux par trois personnes .

   Les locaux du Département,  ( Direction des infrastructures de communication) sont plastiqués à Ajaccio. Les riverains très proches des lieux sont fortement choqués par la très forte explosion qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques.

   17 élus de la Chambre des métiers de Haute-Corse sont invalidés. Les nationalistes qui ont pris la direction de l’organisme dénoncent des manœuvres anti-nationalistes.

   José Rossi se prononce pour la mise en place d’un Conseil consultatif des Corses de l’extérieur. Mais quid des Corses expatriés de par le monde et de ceux d’entre-eux qui n’ont pas ou plus la nationalité française ? L’idée d’une fondation des Corses du monde, au-delà de toute appartenance politique partisane devrait être un grand chantier à mettre en œuvre par les représentants de l’île.

   Les employés de Porti-Vecchju se mettent en grève. Tout rentrera dans l’ordre après négociations avec le maire.

   Après le décès du maire d’île-Rousse, François Ferrandini le 29 janvier, deux membres de l’opposition sont réelus. Ils avaient démissionné, demandant en vain à tous les élus de les suivre pour provoquer de nouvelles élections.

   Pour sauver la langue corse, Voce populare invitent les Corses à une journée d’action le 5 avril en ne parlant que corse ce jour-là.

   La Corse, écartée de l’objectif N°1, suite aux erreurs de diagnostic et de chiffres de l’Insee, devra négocier des mesures compensatoires, comme l’Ecosse dans le même cas. L’Europe ne veut pas tenir compte des fautes de l’Insee en la matière.

  Une prise importante de drogue est effectuée à l’aéroport de Poretta dans un avion privé en provenance de Villefranche. Le pilote est arrêté, mais son passager s’enfuit.

   Une sellerie est plastiquée à Ajaccio.

   Des tracts racistes sont massivement distribués dans l’île. Le discours dénonce « l’invasion arabo-musulmane !.. ».

   La FDSEA de Haute-Corse occupe la DRAF à Ajaccio pour demander un règlement politique de la dette agricole.

   Charles Antona succède à Charles Capia à la tête du Medef en Corse.

   Le maire de la ville palestinienne de Jéricho est invité à Ajaccio. Sidr Abdelkarim participe à plusieurs réunions et anime un débat à la mairie d’Ajaccio, dans le cadre d’une politique de coopération décentralisée. Le soutien au droits du peuple palestinien et à une paix juste et durable au Proche-Orient est réaffirmé.

   Un attentat cause d’énormes dégâts à une entreprise de poissonnerie dans la zône industrielle de Bastia, « Corse-marée ».