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Cap’articulu Pour la suppression
des Conseils généraux
Au
vu de la teneur des débats de l'Assemblée de Corse sur l'évolution
institutionnelle de l'île, l'ANC constate que le pseudo-dialogue voulu
par le nouveau gouvernement est un leurre destiné à faire plaisir aux
conservateurs de droite et de gauche et ne visant qu'à neutraliser le
mouvement national. Les opposants aux évolutions, rendues nécessaires
par le combat mené par les nationalistes depuis 30 ans, ont ainsi tout
loisir, par le biais d'un semblant de dialogue dont les contours définis
par le ministre de l'Intérieur ne peuvent être débordés, de vider de
leur contenu les revendications posées avec force dans l'île par la
contestation corse. L'ANC
dit non à des institutions-usine à gaz qui ne résoudront rien, sinon
permettre à des dynasties clientélaires et clanistes de survivre et de
s'accaparer encore et toujours les nouvelles institutions à venir. L'ANC
demande la suppression claire et nette des conseils généraux et la
mise en place, à côté d'une Assemblée Territoriale aux compétences
étendues et aux moyens clairement définis, de structures représentatives
de chaque 'pieve" dont le rôle serait purement consultatif et se
limiterait à faire des propositions dans certains domaines, lorsque les
"pieve" seraient directement concernées. Quelles
que soient les décisions finales qui seront prises, les nationalistes
doivent d'ores et déjà dire non avec force à des montages
institutionnels n'ayant cours que dans certaines "républiques
bananières" et qui ne peuvent être porteuses de véritables évolutions
pour l'île.
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L’analyse politique de l’ANC L’ANC a tenu une conférence de presse
le 16 mai pour donner son sentiment sur l’évolution
institutionnelle de l’île prévue dans le cadre de la loi sur
la Décentralisation du gouvernement Raffarin, avec l’annonce
d’une consultation dans l’île par voie référendaire le 6
juillet prochain. Aiacciu le 16 mai 2003 |
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Force
est de constater qu’il a en fait consisté à faire plaisir aux forces
traditionnelles de droite et de gauche dans l’île. Mêmes celles se
situant dans le cadre d’une évolution institutionnelle de l’île
n’ont pas hésité à revenir sur les positions, pourtant « a
minima » défendues en 2000.
Le
résultat en est aujourd’hui une réformette sans ambition pour la
Corse. Celle-ci se résume en fait à un énième replâtrage instaurant
de véritables institutions-usine à gaz, dignes de celles de certaines
républiques bananières. Alors que l’île souffre de sur-représentation
administrative et politique, l’objectif principal des institutions
qu’on nous prépare semble être le maintien des prérogatives et des
mandats d’un certain nombre d’élus, quitte pour cela à maintenir
une sur-représentation du monde politique peu en rapport avec le nombre
d’habitants de l’île.
Pourtant,
après 30 ans de luttes et de sacrifices, le mouvement nationaliste était
en droit d’attendre autre chose qu’un « semblant d’évolution »
vidant de leur contenu les revendications de base portées par la
contestation corse.
Par
un véritable tour de passe-passe, les conseils généraux survivront,
continuant à pérenniser les dynasties clanistes et clientélaires.
Celles-ci une fois la loi votée, qu’elles se déclarent aujourd’hui
favorables ou hostiles aux évolutions actuelles, n’auront aucune
honte une fois de plus à s’en emparer demain à leur profit.
Le
6 juillet, ce montage institutionnel sera soumis au verdict, non pas du
peuple corse en l’occurrence encore le grand oublié en la matière,
mais des « habitants de l’île », car notre peuple est
toujours nié dans ses droits sur sa terre.
Nous
ne pouvons que regretter que l’ensemble des organisations
nationalistes, qui parlent d’union, surtout en période pré-électorale,
ne se soit donné ni le
temps de la réflexion nécessaire, ni les moyens d’une prise de décision
consensuelle ( ou à défaut majoritaire) pour se positionner face à
l’échéance qui nous est imposée.
D’autant
que tant sur la forme que sur le fond, les propositions du gouvernement
ne sont vraiment pas la panacée.
Pour
notre part, jugeant que l’opinion n’est pour l’heure pas encore
bien au fait des questions posées et du contenu de la nouvelle réforme,
nous poursuivrons la discussion et ne donneront notre point de
vue définitif qu’à l’ouverture de la campagne officielle sur le référendum.
Il n’y a pas urgence en la matière et il
nous semble que quelques semaines de débats sur le sujet avant
une quelconque prise de position ne seront pas inutiles pour se faire
une idée plus précise quant au fond et à la forme sur les enjeux de
cette consultation.
Depuis
juin dernier, nous avons marqué notre préférence en faveur d’une
liste d’union la plus large possible. Nous enregistrons pour l’heure
d’une part, un rapprochement dans les faits, malgré les divergences
de fond qui demeurent, entre le bloc Corsica Nazione-Indipendenza et le
PNC, et d’autre part l’amorce d’une démarche d’inorganisés
regroupés autour d’Edmond Simeoni. Nous souhaitons que les
initiateurs de ce regroupement autour d’Edmond Simeoni, qui ont pour
la plupart été à l’origine de Corsica Nazione en 1991, alors
qu’ils étaient à l’époque responsables de la mouvance Cuncolta,
aient à l’esprit les expériences de ces années-là, afin que les mêmes
erreurs ne se reproduisent plus. Cette nouvelle démarche, si elle a
l’ambition de contribuer
à l’union la plus large, doit se donner les moyens de « réussir »
le nécessaire rapprochement avec les mouvements nationalistes en place,
sans apparaître en concurrence ou en contrepoint avec leur propre démarche
structurée.
Nous
sommes convaincus pour notre part, qu’une démarche d’union n’aura
de réelle signification que si elle obtient l’aval de la majorité
des organisations nationalistes. Nous restons donc attentifs à ces démarches
et nous ferons à notre niveau tout ce qui peut aller dans le sens de la
concrétisation et de la réussite de cette volonté d’union affichée
par tous.
Car
nous restons persuadés que l’échec de l’union une fois de plus,
laisserait la place à une multiplication de listes réduisant les
chances du mouvement national de pouvoir peser sur les évolutions en
cours, aussi minimes soient-elles.
Nous
en appelons donc à la responsabilité de tous, organisés ou non, pour
qu’ils travaillent à la réalisation d’une union d’autant plus nécessaire
que l’île est aujourd’hui à la croisée des chemins. Tout un
chacun doit avoir à l’esprit que l’union ne se décrète pas, elle
se construit...
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Procès Erignac : Création du collectif A Tramula |
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A
quelques semaines du procès Erignac, 300 personnes issues de toutes les
tendances du nationalisme et au-delà se réunissent à Ajaccio pour présenter
à la presse un appel à s’engager dans la voie de l’apaisement, de
l’espoir et de la réconciliation. Les initiateurs de la démarche,
parmi lesquels Thierry Casanova et Edmond Simeoni, intitulée A Tramula,
refusent un procès faisant abstraction de la situation politique de la
Corse durant ces trente dernières années. Ils veulent donner à ce procès
une dimension politique en incluant l’affaire Erignac dans la problématique
d’une question corse jamais prise en compte politiquement par les divers
gouvernements et en appellent à une véritable solution politique dans
l’île. |
*Pour
une prise de parole citoyenne, militante et humaine.
L'histoire
d'un peuple est une suite ininterrompue d'évènements faits de
souffrances, de pleurs, d'injustices mais aussi de joies, de
reconnaissances et d'espoirs.
L’assassinat
le 6 février 1998 du préfet Claude Erignac fait désormais partie de
cette histoire et prend sa place dans la trop longue liste des actes de
violence qui ont endeuillé notre communauté, notamment au cours de ces
vingt cinq dernières années.
Ces
expressions de révolte, fruit de l’incompréhension et du ressentiment
des hommes, traduisent tout à la fois la perte de confiance envers les
valeurs de l’humanité et le désespoir né de l’injustice. Pourtant
l’assassinat, comme mode d’ expression de cette révolte n’est pas
acceptable et nous le condamnons. La vie humaine est un bien trop précieux,
pour qu’aucune cause, qu’elle soit idéologique, communautaire ou
religieuse ne puisse y attenter.
Face
à ces constats, il nous faut faire appel aujourd’hui aux forces du
sentiment et de la responsabilité pour que ces sacrifices partagés ne
soient pas vains et qu’ils puissent servir la cause d’un peuple qui a
trop longtemps côtoyé le malheur, la souffrance et le deuil. «… Si
l’homme qui espère dans la condition humaine est un fou, celui qui désespère
des évènements est un lâche… ». Notre devoir est donc de parler,
d’exprimer nos opinions et de croire que le langage de l’humanité
peut être le moyen de restaurer la confiance entre les peuples.
Dans
un avenir prochain, se tiendra à Paris, devant une Cour d’Assises spécialement
composée, un procès historique qui doit juger de la responsabilité
d’hommes qui ont attenté à la vie d’un autre au motif qu’il
symbolisait une politique d’État faite de passe – droits,
d’exceptions et de jeux troubles.
Cette
tragédie humaine a coûté la vie à un homme. Elle a plongé dans le
malheur des familles entières mais a révélé au grand jour les déviances
d’un système politique qui a entretenu durablement la logique du
rapport de force et du refus de l’autre.
Au
– delà de la personnalité des prévenus, ce procès doit nous aider à
comprendre la signification d’un tel acte. Il se doit, également, de
considérer les faits, au regard de l’histoire d’un peuple qui n’a
jamais été reconnu dans ses droits et qui demeure soumis au pouvoir
politique d’une « république » répressive et partiale.
Cet acte de violence se situe dans le prolongement de ce combat politique
*A
chacun sa part de responsabilité :
Aux
nombreux élus corses qui se sont toujours refusés à préconiser une
solution politique au problème corse,
A
l’État français qui a systématiquement nié la dimension politique de
la question corse et a usé et abusé de méthodes indignes d’une démocratie,
Aux
mouvements nationalistes qui n’ont pas su ou pu éviter les pièges de
la division et des ambitions personnelles,
Au
peuple corse qui a été insuffisamment acteur de son propre devenir.
*L'enjeu
du procès.
La
revendication politique corse existe.
La
revendication politique corse existe. On ne peut espérer la traiter sans
la comprendre. Il convient donc aujourd’hui de tout mettre en œuvre
pour que ce procès politique ne se limite pas à un simple jugement des
faits mais qu’il s’attache à révéler les raisons profondes qui ont
conduit des hommes – socialement intégrés, reconnus pour leur qualité
humaine, leur sens des responsabilités, leur probité intellectuelle et
morale – à s’affranchir d’une valeur essentielle de notre humanité,
le respect de la vie, pour dénoncer les dérives d’un système
politique dévoyé.
Si
l’on admet comme Jean-Paul Sartre que « l’acte individuel engage
toute l’humanité », nous nous devons aujourd’hui par un engagement
volontaire, fort, courageux et humain de nous adresser aux opinions afin
de sortir ce procès de l’ornière judiciaire dans laquelle le
gouvernement français veut l’enfermer. Les non-dits et les faux-
semblants ne sont plus de mise. L’application des principes universels
de justice et d’équité ne doit pas se faire au prix de l’oubli total
ou de la dissimulation du passé.
La
mort d’un homme, le sacrifice d’autres hommes ne doivent plus servir
la cause de l’affrontement mais au contraire constituer le point de départ
d’un véritable processus de réconciliation entre la Corse et la France
qui favorise la reconnaissance des erreurs passées et la recherche
d’une dignité perdue.
*C'est
l'enjeu du procès
Pour A Tramula, cette prise de parole n'est pas un plaidoyer, encore moins une justification à posteriori de l'acte qui a été commis, mais simplement un appel à la conscience des hommes et au sentiment de responsabilité collective qui nous unit.
Vous pouvez intervenir sur le site de A
Tramula.
http://www.atramula.org
| Lettera di a spazzulera : Le Manifeste des Corses de l’Extérieur : 11 d’aprile 2003 |
Des organisations et des associations de
Corses de l’Extérieur ont relevé avec stupeur les propos tenus par
Monsieur le Ministre de l’Intérieur concernant le référendum qui
aura lieu le 06 juillet prochain. Les Corses de l’Extérieur, eux, ne
seront pas consultés: « Ils veulent donner
des leçons sur la Corse après l’avoir quittée. C’est ceux
qui y vivent qui doivent s’exprimer ». (Corse Matin du
08/04/03).
Ces organisations et associations s’émeuvent
que l’on puisse développer à l’égard d’une partie de la
population Corse de souche, des mots aussi méprisants qui peuvent
ouvrir la porte à une forme d’éthnocisme.
Elles osent rappeler :
- Que
des pères et des grands-pères ont quitté l’Ile pour servir de chair
à canon durant les deux dernières guerres mondiales.
- Que
des pères ont quitté la Corse pour répondre à la politique
expansionniste de la Nation.
- Que
des enfants ont quitté la Corse parce qu’ils ne pouvaient étudier
sur leur terre.
- Que
des enfants vont quitter leur Ile parce qu’ils sont 1500 à postuler
à un concours de seconde zone où seules deux personnes seront
retenues.(Corse-Matin du 09/04 /03).
- Que
de jeunes universitaires vont devoir s’envoler ailleurs parce qu’il
ne peut être répondu à leur attente et à leur cursus.
- Que
beaucoup de Corses retournent au Pays plusieurs fois dans l’année, en
déboursant des sommes importantes, voire disproportionnées, alors que
des hommes politiques vivant toute l’année à Paris ou ailleurs bénéficient
de tarifs préférentiels « résidants corses ».
- Que
beaucoup de Corses ont été écartés des listes électorales alors que
ces mêmes hommes politiques y figurent sans que l’on s’en soucie.
- Que
ce n’est pas parce que la Diaspora souhaite se positionner sur
l’avenir de son Pays, qu’elle doit en être écartée, son désir
n’étant qu’un cri pour la survie d’une entité qui se meurt.
- Que
curieusement, lorsque son message est pertinent, elle est écoutée par
la Commission Spéciale du Sénat de la République Française et ses
propositions retenues par le législateur.
- Que
lorsqu’elle s’investit dans l’avenir économique de l’Ile, la
Société de Capital Risque Corse s’enorgueillit, et Paris se plait à
rêver d’une Maison de la Corse.
Convaincues que les mots ont dépassé les
pensées, les Associations et Organisations des Corses de l’Extérieur
signataires demandent instamment à l’Assemblée de Corse – qui est
aussi leur Assemblée – de débattre de la place des Corses de l’Extérieur
quant à l’avenir de la Société Corse et requièrent audience à
Monsieur le Ministre de l’Intérieur.
Les Signataires :
La Fédération des Groupements Corses des
Bouches du Rhône et de Marseille – Le Rassemblement des Corses du
Grand Nice – L’Observatoire « Corsu e fieru » de Paris – « L’Unione
Corsa » D’Antibes – Maître
Fabrice Orlandi Avocat au Barreau de Paris –Jean Marc Emmanuelli Gynécologue
Neuilly - L’Amicale des Corses D’Aix-en Provence- L’association
« I Scontri Culturali Corsi » de Marseille – L’Amicale des Corses
de Menton – L’Amicale des Corses de Mandelieu – U Partitu di A
Nazione Corsa France Sud - L’Amicale des Corses de Draguignan -
L’Amicale des Corses de Lyon – L’Amicale des Corses de
Bagnolet – L’Amicale des Corses de Meurthe et Moselle – L’Association
des Corses de Strasbourg. L’Amicale des Corses de Cagnes Sur Mer –
L’Amicale des Corses de St Laurent du Var.
Les personnes qui veulent s’associer
au Manifeste sont invitées à prendre contact avec les associations,
organisations et amicales signataires.
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« Antulugia di a cartulina corsa » dà Victor Sinet (Edizione Albiana)Victor Sinet signe une « Antulugia di a cartulina corsa ». Dans cet ouvrage de plus de 600 cartes postales, l’auteur raconte l’histoire de la carte postale à travers ses pionniers Cardinali, Tomasi, Moretti, Damiani et autres. Il n’oublie pas de rendre hommage aux précurseurs de la carte postale dans l’île avec entre-autres Fortius Marchesi qui en 1841, introduit le premier daguerréotype en Corse. Avec cet ouvrage, l’auteur fait remonter le temps au lecteur. Paysages, petits et grands évènements, scènes de vie de tous les jours,, maisons, monuments, villages d’hier et d’aujourd’hui, personnages hauts en couleur ou anonymes , supports publicitaires... des dizaines d’années s’écoulent devant nos yeux embrumés de nostalgie et de tendresse devant le temps qui passe.Parmi ces cartes, nombre d’entre-elles nous sont offertes grâce au travail de témoignage du photographe Jean-Claude Fieschi, éternel témoin du temps perdu par ses innombrables clichés, glanés avec talent et passion au fil du temps et des évènements quotidiens. Véritable globe trotteur de la photographie, Il a pu ainsi amasser un véritable trésor de souvenirs du temps passés depuis son plus jeune âge, qu’il nous restitue dans cette antulugia et que l’on retrouve dans une multitude d’ouvrages-références auxquels il a apporté sa collaboration.
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Povera corsica ! Il
y a quelques mois (mi-janvier 2003), la Cour d’Appel de la Corse a
confirmé la sentence prononcée, en première instance, par le Tribunal
Correctionnel d’Ajaccio contre le Préfet Bernard Bonnet dans la
fameuse « affaire des paillotes » : trois ans de prison dont
un ferme. Ce
verdict est doublement paradoxal. En effet, soit l’accusé est
innocent et il devait être relaxé. Soit il est coupable et, dès lors,
il s’agissait, non pas d’un simple délit, mais d’un attentat
contre la Constitution commandité par un haut fonctionnaire dans
l’exercice de ses fonctions et exécuté, de surcroît, par des
gendarmes « dépositaires de la force publique et garants de
l’ordre républicain ». Il fut un temps où ce genre
d’infraction constituait le crime de forfaiture et était passible de
dix ans de prison. Au-delà
des méandres tortueux de la justice, cette affaire suscite un
questionnement de pur bon sens. Quel intérêt pour le Préfet Bonnet
d’ordonner la destruction de deux restaurants de plage alors qu’il
venait juste d’accorder à leurs exploitants un délai de grâce de
six mois ? Et pourquoi recourir à la clandestinité quand le même
résultat pouvait être obtenu dans le cadre de la légalité ? En
admettant qu’il soit coupable, son comportement apparaît totalement
incohérent. A moins d’une provocation dans le but de faire croire à
un différent entre concurrents. Ce que le tract « Francis balance
des flics » retrouvé sur place autorise à envisager. L’éventualité d’une telle manipulation
n’a pas échappé au Préfet Bonnet. Selon lui, la paternité du coup
tordu lui a été attribuée pour l’éliminer, l’opération « mains
propres » qu’il diligentait dérangeant trop de monde. Quoi
qu’il en soit, il a été arrêté, mis en examen, emprisonné et
condamné sur la seule foi des dénonciations des autres accusés.
Ainsi, entre la parole d’un présumé innocent qui clame haut et fort
cette innocence et les allégations d’individus avouant
l’accomplissement d’un méfait, les magistrats n’hésitent pas,
quand cela les arrange, à accréditer la version des malfaiteurs. Il
est vrai qu’aujourd’hui en France, le droit pénal repose sur
l’intime conviction qui permet de condamner sans preuve. Un contexte politique Ces
événements méritent d’être replacés dans leur contexte politique.
En désignant une « forte personnalité » pour succéder au
Préfet Erignac assassiné en février 1998, le gouvernement entendait
donner à l’opinion des gages de fermeté. Pour les besoins de la
cause, les nationalistes, considérés à l’époque comme étant,
politiquement parlant, au plus mal, furent voués au rôle de victimes
expiatoires … jusqu’au prochain revirement. De
son côté, le Préfet Bonnet se souciait moins d’analyses tactiques
que de restaurer ce qu’il appelait « l’autorité de l’Etat ».
Ayant déjà exercé dans l’île, au début des années 1990, la
fonction de Préfet de Police, il n’ignorait pas que la violence
politique n’y représente, en matière de transgression de la loi, que
la partie visible de l’iceberg. Il ne se contenta donc pas de réprimer
les poseurs de bombes mais s’attacha également
à traquer les affairistes véreux dans tous les milieux y
compris parmi les notables, les banquiers et autres intouchables (même
s’il ramena également beaucoup de « petits poissons »
dans ses filets). Les investigations menées étaient de nature à
conforter les discours nationalistes sur la corruption généralisée,
l’implantation mafieuse et la duplicité des pouvoirs publics. En
outre, tout le monde s’accorde à admettre que le Préfet Bonnet avait
flairé la bonne piste dans l’enquête sur l’assassinat de son prédécesseur.
Pour les tenants de l’ordre établi, une diversion s’avérait donc
urgente. Elle survint avec l’incendie des paillotes dont les auteurs,
ils le reconnaissent eux-mêmes, sont le propre Directeur de Cabinet du
Préfet ainsi que des fonctionnaires de la Gendarmerie Nationale.
Par conséquent, le tract « Francis balance des flics » cité
plus haut n’avait de sens que pour avoir été déposé dans
l’objectif de brouiller les pistes et de provoquer une riposte du
supposé délateur puis, pourquoi pas, une « riposte à la riposte »
jusqu’à ce que, d’escalade en surenchère et de manipulation en
sur-médiatisation, on en arrive à occulter le débat de fond, que
relançait l’action du Préfet Bonnet, sur la situation de la Corse.
Le scénario était, à cet égard, bien conçu. Néanmoins, l’exécution
connut quelques ratés et le pot aux roses fut découvert. D’après
ses déclarations durant l’instruction, le Préfet Bonnet, apprenant
la vérité, au détour d’une conversation, décida de ne pas dévoiler
le scandale pour préserver, a-t-il dit, ce qu’il croyait encore être
« l’honneur de l’Etat ». Mais il escomptait, beaucoup
plus probablement, empêcher la liquidation de son opération « mains
propres » suite à l’amalgame qu’on ne se priverait pas d’établir
entre les fonctionnaires et les « magouilleurs ». Ce fut, en
tout cas, la seule charge concrète contre lui. Mais cela allait lui coûter
cher car, par son silence, il « couvrait » a posteriori des
agissements crapuleux. De là à être le complice des malfaiteurs voire
le cerveau du complot, ses détracteurs et ses ennemis avaient intérêt
à s’en convaincre intimement. Et comme « l’intime conviction »
règne en maîtresse sur la justice … On
imputera une autre erreur au Préfet Bonnet, dans la conduite de sa défense
cette fois. Que ne s’en est-il tenu à clamer son innocence sans se
soucier du caractère « illégal » ou non de l’incendie
des paillotes puisqu’il affirmait y être étranger (et que rien ne
permet de mettre en doute cette affirmation) ? A vouloir démontrer
parallèlement qu’il n’est pas « illégal » de mettre le
feu à une bâtisse située sur le domaine public (et n’appartenant
donc « légalement » à personne), ne donnait-il pas
l’impression de jouer sur les deux tableaux
(innocence et culpabilité limitée) ?
Certes, les maladresses du Préfet Bonnet ne prouvaient en rien
qu’il avait trempé dans cette affaire. Mais elles pouvaient fournir
prétexte à se forger une intime conviction quant à sa culpabilité.
Et, répétons-le, en droit français, l’intime conviction ouvre la
porte à tous les dénis de justice. Une opération mains propres dévoyée Ceci
étant, le Préfet Bonnet s’est lui-même « coupé l’herbe
sous les pieds ». L’opération « mains propres »
s’est révélée être à double tranchant. Certes, un coup
d’arrêt a (momentanément) été porté aux exactions émanant de la
« nomenklatura clanisto-affairiste ». Mais, dans le même
temps, des dizaines de petites entreprises individuelles ou familiales
(qui représentent la quasi-totalité du tissu économique local) se
sont retrouvées avec « le couteau sur la gorge ». Tant il
est évident que dans un système où la production locale (héritage
des lois douanières coloniales qu’a connu l’île jusqu’à la
moitié du 20ème siècle) est écrasée par la concurrence
des « importations » (aujourd’hui subventionnées par la
continuité territoriale) et ne peut donc subvenir aux besoins des
habitants, le respect de la réglementation, notamment fiscale, n’est
que pur leurre. Ainsi,
bon nombre de modestes travailleurs corses, victimes de tracasseries
administratives, ont-ils été voués aux gémonies judiciaires sans
qu’on puisse établir de commune mesure entre eux et les escrocs de
haut vol protégés par les milieux d’affaires et les coteries
politiques. Faute d’avoir fait la différence entre professionnels de
la corruption et circonstanciels justiciables coupables de menues
peccadilles pour jouir un peu des fruits de leur travail, le Préfet
Bonnet s’est progressivement coupé du peuple. Si bien qu’il a fini
seul contre tous lorsque lui a été tendu le « pièges des
paillotes ». Cruelle
solitude pressentie début 1999 par Jean-Pierre Chevènement, alors
Ministre de l’Intérieur. Si l’on en croit Pierre Péan et Philippe
Cohen (« La face cachée du Monde », 2003, éditions
« Mille et une nuits »), l’ancien député de Belfort
« est, affirme-t-il aujourd’hui, lui-même convaincu qu’il ne
faudrait point trop attendre pour mettre fin à la mission du préfet.
Mais il souhaite, pour ce faire, attendre l’arrestation » des
assassins de Claude Erignac. Arrestation dont Jean-Pierre Chevènement
« sait qu’elle pourrait survenir rapidement ». Après
quoi, le départ du Préfet Bonnet « pourra s’effectuer sous le
signe d’une victoire pour lui-même et pour le gouvernement ».
Visiblement
le Ministre de l’Intérieur est conscient que le Préfet Bonnet est
assis sur un siège éjectable. Et que sans l’élaboration d’un véritable
projet de développement de la Corse sur des bases économiques saines,
l’opération « mains propres » ne sera qu’un coup d’épée
dans l’eau. Saura-t-on un jour ce qui se serait passé si une poignée
de gendarmes n’avaient pas mis le feu à deux paillotes ?
Et les nationalistes ? Et
les nationalistes dans tout cela ? Leur attitude est, pour le
moins, énigmatique. Pourtant, la croisade du Préfet Bonnet apportait
de l’eau à leur moulin. Un grand boulevard semblait vouloir
s’ouvrir devant eux. Leur audience ne demandait qu’à croître. Il
leur suffisait de laisser le Préfet Bonnet faire son travail et
d’attendre qu’éclatent les affaires qu’il a soulevées pour
passer à l’offensive. Une seule obligation s’imposait à eux :
accorder toute la « publicité » méritée à la démarche
du Préfet Bonnet (au sens littéral du mot publicité à savoir
informer le public) quitte à en rectifier les effets pervers mentionnés
plus haut. Au lieu de cela, les nationalistes ont choisit de prêter
leur concours à un véritable lynchage médiatico-judiciaire. Ont-ils
flairé, à travers les démêlés du Préfet Bonnet avec sa hiérarchie
et la justice, l’imminence d’une redistribution des cartes ?
Ont-ils amorcé un changement de cap dans cette perspective ?
Aspiraient-ils à un statut d’interlocuteurs privilégiés du pouvoir
encouragés par leurs bons résultats lors des élections territoriales
de mars 1999 (suite à l’annulation du scrutin de 1998) ? Ont-ils
été aveuglés par leur animosité (d’ailleurs compréhensible)
envers le Préfet Bonnet ? Toujours est-il, qu’en l’occurrence,
ils se sont alignés objectivement sur les positions des fossoyeurs de
la Corse et des profiteurs du système (gouvernement, notables clanistes
ou néo-clanistes, corrupteurs et corrompus). Ce curieux
« réalisme » les conduira plus tard à la signature
des « Accords de Matignon » ; lesquels, loin de
contribuer à résoudre le problème corse, ne font que l’aggraver en
occultant la question du développement économique et social « auto-centré »,
c’est à dire par et pour les Corses. Povera corsica ? Pauvre Corse, aurait-on envie de conclure ! Déchue de sa souveraineté en 1769, elle croupit depuis (hormis la tentative infructueuse d’union confédérale avec la France révolutionnaire de 1789 à 1794) dans un état de non-droit entretenu par les autorités légales (gouvernement, policiers, juges, élus). Cette île qui, au XVIII° siècle, produisait largement plus qu’il n’en faut pour satisfaire les besoins de sa population en est aujourd’hui réduite à la dépendance, à l’assistanat et, en corollaire, à la fraude dans tous les domaines. Elle n’a donc rien à espérer de son autorité de tutelle et ne doit, pour son salut, compter que sur elle-même. D’où
la nécessité de poser correctement les données du problème. La
solution ne saurait relever d’un particularisme local ou d’un droit
à la différence. Car, en fait de couleur locale, la Corse a déjà
suffisamment donné avec le clanisme dans sa dimension bi-séculaire (le
vieux clan gardien de l’immobilisme) ou sa version « moderne »
(le néo-clan crypto-mafieux). Un énième statut particulier ne serait
qu’un piège à Corses supplémentaire. Ce dont il urge, c’est de
recouvrer la souveraineté c’est à dire la part du droit universel
qui revient naturellement au peuple Corse comme à tout autre. Ce qui
entraînerait toute une série d’implications politiques tant au
niveau de la conception de l’organisation interne de la société
corse que des relations à établir avec son environnement extérieur. Ne
resterait plus désormais qu’à convaincre le mouvement nationaliste
d’abandonner ses réflexes particularistes au profit d’un vrai
projet (cosmo)politique. Mais, ça aussi, c’est un aspect douloureux
du problème corse !
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Associu per a Cunsulta Naziunale : BP 98
- 20250 Corti Site Internet : http:\\www.cunsulta.com
Le14 mai, à Corté, au Palazzu Naziunale, les 1ères cartes d’identité corse sont distribuées par la commission nationale de mise en place de A Cunsulta Naziunale. Ces cartes serviront à vote pour la mise en place de l’ANP dans deux an Scanner
définition + modalités d’inscription (voir N° 98)
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-Non à l’incinérateurA l'heure où l'on semble s'acheminer vers l'installation d'un incinérateur dans l'île, l'ANC rappelle son opposition à une telle solution en matière de traitement des déchets ménagers. L'incinération des déchets les transforme mais ne les élimine pas, ce qui n'élimine pas pour autant le problème des décharges (appelées centres d' enfouissement technique, CET, ou installations de stockage). L'ANC souhaite que des solutions alternatives, qui pourraient réaliser un consensus entre les populations locales et les décideurs institutionnels, soient envisagées et concrétisées. Elles seules sont à même de concilier développement durable et préservation de l'environnement de l'île qui est da véritable richesse et constitue un extraordinaire atout pour notre avenir.
25 février 2003 -Soutien à Jean Castela
L'ANC
appelle l'attention des autorités judiciaires et pénitentiaires sur la
situation dramatique de Jean Castela maintenu en prison à la Santé
depuis près de trois ans. Ses conditions de détention sont de plus en
plus inquiétantes car ne bénéficiant pas des soins nécessaires, son
état de santé se détériore et fait craindre des conséquences irréversibles.
Alors que le ministre de l'Intérieur avait annoncé une prise en compte
de la situation des détenus corses, plusieurs mois se sont écoulés
depuis sans que ce dossier avance un tant soit peu. L'ANC demande que
des mesures d'urgence soient prises pour que Jean Castela soit rapproché
de sa famille pour que celle-ci puisse prendre les dispositions qui
s'imposent pour préserver sa santé. L'ANC
apporte son soutien au comité qui s'est crée pour cet objectif et
rappelle que la libération de Jean Castela et de tous les prisonniers
corses détenus pour des faits en relation avec la situation politique
Corse doit aller de pair avec une véritable solution politique en
Corse.
26
février 2003 -Appel
à la mobilisation du 26 avril Alors
que la Corse va être appelée aux urnes pour se prononcer sur la réforme
institutionnelle concoctée par le gouvernement Raffarin, les
nationalistes doivent se mobiliser pour faire comprendre aux différents
gouvernements, d'aujourd'hui et de demain, que sans eux aucune réforme
ne saurait prétendre à apporter une solution politique durable dans l'île.
L'ensemble des organisations nationalistes invitent les
Corses à manifester le 26 avril à Ajaccio pour réaffirmer leur volonté
de prise en compte des revendications qu'elles portent, toutes tendances
confondues, depuis trente ans sur le terrain par le mouvement national. L'ANC appelle à se mobiliser pour faire de cette
manifestation une éclatante démonstration
de la volonté de tous les nationalistes d'arracher les inéluctables
avancées dans l'unité la plus large. 17 d'aprile 2003 -L’attentat contre la mosquée de Baleone
L'ANC condamne l'attentat qui a visé la "mosquée" de Baléone, siège de l'association des Marocains. L'ensemble de la société corse ne peut plus continuer à se voiler la face, en refusant de facto de se donner les moyens d'une réflexion en profondeur sur la place des populations issues du Magreb dans l'avenir de l'île et sur les voies à défricher pour leur intégration, avec tous les droits et les devoirs y afférant, à la communauté corse. 28 d’aprile 2003 |
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LETTRE OUVERTE à messieurs les députés de Corse Andatura
Corsa per i Dritti Umani à monsieur
le député de Corse Monsieur Andatura
Corsa per i Dritti Umani défend les droits humains et promeut une
citoyenneté corse. Vous
devez légiférer à partir du projet de loi"portant adaptation de
la justice aux évolutions de
la criminalité", présenté par le gouvernement le 9 avril 2003.
Ni du point de vue des droits et libertés fondamentaux ni du point de
vue des droits qu'ouvre la culture corse ce projet n'est instituable tel
quel. Ses trois composantes concernant la criminalité
organisée: le"plaider coupable" pour les délits de moindre
importance, les moyens d'enquête préliminaire ou de flagrance et le
"statut de repenti" sont liés par la raison de sûreté de l'Etat.
Cette raison d'Etat exige une adaptation aux bouleversements sociétaux
européens et mondiaux; elle prend corps dans une politique sécuritaire
répressive où le contrôle et la surveillance prévalent sur le
respect des personnes. En découle
un projet de loi voulant instituer une procédure policière en matière
de justice. Elle sera applicable en dérogation au droit commun à un
ensemble de crimes et délits dit "crime organisé".
Les droits humains selon la déclaration de 1948 et les législations
européennes ne sont pas pour leur application dépendants des
conjonctures. Ils édictent le respect de la vie privée, des
convictions, de la confidentialité des communications postales, téléphoniques
et électroniques; ils proscrivent l'enregistrement des données
sensibles nominatives des"mis en cause"( victimes, témoins ou
quelconques citoyens ayant eu affaire à la police) dans un système
de traitement des infractions constatées. Ils enjoignent de garantir la
présomption d'innocence et les droits de la défense. Ils n'abandonnent
pas la garantie de ces droits à la puissance de l'argent. Ils
favorisent la procédure de la preuve contre une délation primée,
source de faux témoignages et d'arbitraire. La
culture issue de notre île, lieu de contrastes et d'imprévisibilité,
éclaire le Politique de sa perspective: chacun peut agir sur la
"chose publique". Ce pouvoir-agir copartagé est un point
fondateur de la corsité. Il induit le droit pour tout citoyen d'être
participant aux décisions, le droit d'agir sur les affaires publiques. Or le projet de
loi sus-désigné entretient une confusion entre activité civile illégale
de groupe et délinquance organisée. Il les regroupe sous la dénomination
"criminalité organisée"et dans la catégorie"infraction
terroriste". La Corse vit le"problème corse", une lutte
identitaire de type nationalitaire depuis près de quarante ans et connaît
les enjeux sociaux de cet amalgame à travers l'expression juridique d'
"association de malfaiteurs"; elle subit l'opacité des critères
et principes par lesquels nombre d'affaires judiciaires sont traitées
par la XIVème
section antiterroriste plutôt qu'une juridiction locale. Le projet de
loi prévoit des pôles centralisateurs des procédures touchant à la
criminalité organisée; mais la relation de justice entre ces pôles et
la XIVème section est obscure. Une distinction
entre délinquance et acte politique s'impose d'un point de vue
juridique. Un acte
politique est une action de participation à une communauté politique
plurielle qui en retour garantit les droits institués. Il s'agit dans
le cas du projet de loi considéré ici, d'infractions à des lois soit
directement défiées ou jugées inadaptées à l'aspiration collective
soit remettant en cause la légalité et la constitutionnalité de leur
établissement. Il s'agit d'infractions qui s'instituent porteuses d'un
possible autre droit à découvrir dans un échange d'opinions diverses. La
dissidence a alors le rôle régulateur d'empêcher des normes légales
d'étouffer le pouvoir-agir du citoyen sur les affaires publiques; elle
délie la pensée et la créativité vers un ordre social mieux adapté
à tous; elle permet que le politique prenne en compte les initiatives
de l'ensemble de la société civile. Aussi nous
vous demandons de faire instituer un STATUT DE DISSIDENCE pour tout
prévenu ou condamné se reconnaissant coupable et adoptant une attitude
non de repentance mais de légitimation des actes reprochés dans la sphère
publique. Ce statut -
permettra la libre expression de l'objection à la loi et le dialogue à
propos de celle ci, -
assurera leur médiatisation au niveau concerné par les lois ou
législations mises en cause, -
garantira la possibilité au
dissident de créer un groupe civique d'opinion. Tout détenu demandant à bénéficier du statut de
dissidence sera pris en compte par un organisme indépendant de l'administration pénitentiaire et judiciaire (tel l'OIP). Il
lui assurera sa sécurité, celle de sa famille et leur non mise à
l'opprobre public. Les agissements de la DNAT à l'encontre des
personnes âgées, des enfants et de l'entourage général des suspects
nous engage à insister sur la nécessité d'un contrôle en ce domaine.
ð
Ce
statut sera respectueux de la dignité du dissident mais le renverra à
sa conscience civile. L'acte
d'enfreindre la loi passe de l'anonymat et la dissimulation
à l'exposition et l'interpellation de l'opinion publique. ð
Il
donnera une liberté d'action politique citoyenne
à son bénéficiaire mais
sa détention protégera la société de toute violence éventuelle
et le groupe d'opinion le soutenant sera acculé à des actions légales
ou au plus à des actions de désobéissance civile
non violentes. Il borne
le possible. ð
Il
assouplira la verticalité de la loi qui rend difficile
l'adaptation des institutions
aux nouveaux enjeux de société. La dynamique de
changement législatif initiée par la dissidence s'inscrira dans le
champ public et étendra la démocratie. Une société
s'enrichit de propositions nouvelles, facteurs de désaliénation tant
d'individus particuliers que d'elle-même; elles lui évitent de se scléroser
dans des habitudes collectives. Les perspectives législatives sur la santé ouvertes
par le procès des destructeurs de plants transgéniques en sont une récente
illustration. Nous
préconisons ce statut de dissidence dans l'optique d'une politique
respectueuse des minorités, dans le droit fil législatif des lois d'amnistie de 1982 et
1989
relatives à" toutes infractions commises [..]à l'occasion d'événements
d'ordre politique ou social en relation avec une entreprise tendant à
modifier le statut de la Corse". Au lieu de considérer la dissidence en fin d'un
parcours de revendications souvent violent, il vaut mieux l'inscrire
dans l'espace politique et l' assumer même à partir de citoyens incarcérés,
condamnés ou passibles de sanctions. Notre
culture de solidarité et de partage ne peut réduire un dissident à sa
seule illégalité ou violence. Ses exigences, ses mobiles, ses motifs
d'action sont une réalité sociale et culturelle
impossible à occulter.Au lieu de l' aborder avec l'a priori de
sa nécessaire nuisance admettons qu'elle puisse être vecteur d'émancipation
des maux et des injustices.
Aussi nous ne
doutons pas
de votre prise en
considération de
notre requête
d'appréhender le projet de loi
sur la criminalité organisée du point de vue
des droits humains et de ceux préconisés par la corsité, et
d'y adjoindre la création d'un statut de dissidence.que l'on pourrait nommer "statut
d'opinion". Nous
vous prions d'agréer, monsieur le Député, avec nos sentiments
humains et corses, l'expression de nos
déférentes salutations. Le bureau Avril 03 PS:
Nous envoyons une copie de la présente à messieurs les Présidents
de la collectivité territoriale de
Corse et à messieurs les Ministres de la justice et de l'intérieur aux
fins de favoriser à la CTC et au Parlement , une réflexion sur les processus liberticides
du projet de loi sur la criminalité organisée et sur la
pertinence d'y adjoindre un statut de dissidence .
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-Farraghju
-Marzu
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